« Dans de nombreuses affaires, la Cour suprême a jugé que le refus des parents de consentir, pour des motifs religieux, à des transfusions sanguines nécessitées par l’état de santé de leur enfant mineur était un refus déraisonnable. La situation dans ce dossier n’est pas différente », rappelait la semaine dernière le juge Philippe Cantin dans sa décision. Le CHU de Québec s’est adressé aux tribunaux pour demander l’autorisation d’effectuer des transfusions sanguines – si nécessaire – sur un nourrisson né prématurément à 26 semaines et 6 jours de grossesse. Ses parents, Témoins de Jéhovah, ont refusé de consentir à cette voie pour des motifs religieux, malgré les risques importants pour le bébé “extrêmement prématuré” dans les premiers mois de la vie. “Il risque de développer une anémie sévère, qui, en l’absence de transfusion sanguine, peut entraîner des lésions irréversibles et même la mort”, précise notamment la décision. dégradation rapide Bien que le bébé soit actuellement dans un état stable, son médecin traitant, la pédiatre-néonatalogiste Geneviève Tremblay, a témoigné devant le tribunal que les bébés prématurés courent « un risque élevé de détérioration rapide de leur état ». “Des transfusions urgentes peuvent être nécessaires, notamment en cas d’hémorragie active, de chirurgie ou de détérioration clinique […] “, nous pouvons lire. Cette dernière estime également que 90 % des grands prématurés devraient recevoir une transfusion sanguine. “Connaissant les croyances religieuses des parents, l’équipe de traitement a pris tous les moyens à sa disposition pour s’assurer que le taux d’hémoglobine de l’enfant restait à des niveaux acceptables”, indique le juge dans le document. Pour Ainsi, la Cour suprême a tranché en faveur du CHU de Québec, permettant au personnel médical d’administrer des transfusions sanguines, « aussi souvent et dans la quantité qu’ils jugent médicalement appropriée », pour les quatre prochains mois, signifiant une hospitalisation prématurée. Cependant, il demande à l’équipe médicale de minimiser l’utilisation des produits sanguins et l’oblige à fournir une explication logique aux parents pour chaque transfusion. Avez-vous des informations à partager avec nous sur cette histoire ? Vous avez un scoop qui pourrait intéresser nos lecteurs ? Écrivez-nous ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.